Parmi les choses qu’on peut ne pas aimer : se faire expliquer la genèse d’une œuvre, ses motifs, références, etc. avant d’avoir pu l’approcher (on préférera, par exemple, lire les préfaces comme des postfaces, des critiques de films ou des fascicules d’expos une fois dehors). Alors comment, sans évoquer d’élément biographique ou extrait d’interview, parler d’un grand disque à qui ne l’a pas encore écouté ? Après que vous aurez – espérons-le – découvert Le Livre, jetez un œil à l’hallucinant CV d’Emmanuel Tugny – artistique mais pas que. Vous pourrez peut-être commencer à comprendre le foisonnement de sensations qui vous saisissent à l’écoute de son dernier album. Et, toujours plus hanté par ses intonations, ses mots, ses musiques, vous ne le lâcherez sûrement plus – vous serez tenté d’aller écouter ailleurs… et puis non. Ce disque est un roman qu’on ne peut pas poser. De ceux qu’on vit. Un au-delà.

Le Livre n’a pas besoin d’adjectifs, il touche comme un poème du grand Guillevic, qui y recourait le moins possible – d’adjectifs on n’en trouve presque pas non plus dans les textes des morceaux. Les choses sont dites.

Le Livre, qualité rare, ne contient pas de « meilleur morceau », ni-même de meilleurs au pluriel, de ceux mis en tête de gondole pour la promo et après on est déçu en rayon. On contourne les supermarchés pour aller pique-niquer sous les oiseaux (ils sont partout), et tout y est meilleur.

Pour lire en entier l’article de Fabien Korbendau, rdv sur Section 26 ou sur Sitaudis !